Se faire un diagnostic seul devant le miroir revient à lire une radio sans connaître l’anatomie. Une chute de cheveux peut avoir cinq causes très différentes, avec cinq traitements qui n’ont rien en commun. Dermoscopie, trichogramme, bilan sanguin et parfois biopsie : ces examens transforment une impression en diagnostic, et évitent des mois de traitement inadapté.
À retenir
- La dermoscopie, indolore et rapide, suffit souvent à confirmer une alopécie androgénétique grâce à la miniaturisation des cheveux.
- Le trichogramme analyse des cheveux prélevés pour mesurer la part de cheveux en croissance et en repos.
- Un bilan sanguin (ferritine, thyroïde) recherche les causes corrigeables d’une chute.
- La biopsie du cuir chevelu reste réservée aux doutes, notamment sur les formes cicatricielles.
Pourquoi un examen vaut mieux qu’une impression
À l’œil nu, une alopécie androgénétique, un effluvium télogène et une carence en fer donnent le même sentiment : des cheveux plus rares. Pourtant, l’une demande un traitement de fond, l’autre disparaît en quelques mois, la dernière se corrige par un apport en fer. Un examen précis évite de traiter la mauvaise cause, de dépenser en produits sans effet et de perdre un temps qui compte, surtout quand les follicules sont encore vivants.
L’interrogatoire médical, premier examen
Avant tout instrument, la consultation repose sur des questions précises : date de début, vitesse de la chute, antécédents familiaux, grossesses, régime, traitements en cours, événements stressants récents. Ces éléments orientent à eux seuls vers une famille de causes. Les photos prises auparavant, même anciennes, apportent un repère précieux : elles montrent l’évolution réelle, que la mémoire déforme presque toujours.
La dermoscopie : l’examen de référence
Comment elle se déroule
Le dermatologue examine le cuir chevelu avec un dermoscope, une loupe lumineuse qui grossit de dix à soixante fois, parfois couplée à une caméra. L’examen dure quelques minutes, ne fait pas mal et ne demande aucune préparation, sinon des cheveux propres et sans produit coiffant.
Ce qu’elle révèle
- Dans l’alopécie androgénétique : des cheveux de calibres très inégaux (miniaturisation), des cheveux fins et courts au bord des zones clairsemées, des orifices folliculaires rapprochés.
- Dans la pelade : des points jaunes, des cheveux en point d’exclamation et des poils cassés à la base.
- Dans les formes cicatricielles : la disparition des orifices folliculaires, une peau lisse, des rougeurs ou des croûtes autour des cheveux.
- Dans une dermite ou un psoriasis : des squames et des vaisseaux caractéristiques.
Cet examen sert aussi au suivi : les mêmes zones, mesurées à six ou douze mois, objectivent l’effet d’un traitement.
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Le trichogramme : compter les cheveux en croissance et en repos
Le trichogramme consiste à prélever, à la racine, une cinquantaine de cheveux dans une zone précise, puis à les analyser au microscope. Il mesure la proportion de cheveux en phase de croissance (anagène), de repos (télogène) et leur calibre. Un taux élevé de cheveux en repos évoque un effluvium télogène. Une proportion de cheveux fins évoque une miniaturisation.
L’examen est un peu gênant plutôt que douloureux. Son interprétation demande de respecter quelques règles : ne pas se laver les cheveux la veille, ne pas les couper avant, rester dans une zone adaptée. Il est de moins en moins pratiqué en première intention, la dermoscopie apportant souvent la réponse. Le trichogramme garde sa place quand le diagnostic reste incertain, ou pour suivre une chute diffuse.
Le trichogramme non invasif : le phototrichogramme
Une variante, le phototrichogramme, n’arrache aucun cheveu. Une petite zone du cuir chevelu est rasée, photographiée, puis photographiée de nouveau quelques jours plus tard. Un logiciel mesure la densité, le calibre et le taux de cheveux en croissance. Cet examen, plus rare, sert surtout à l’évaluation chiffrée d’un traitement.
Le bilan sanguin : traquer les causes corrigeables
Dès qu’une chute diffuse ou inhabituelle est suspectée, le médecin prescrit une prise de sang. Les dosages les plus courants sont :
- la ferritine, pour détecter une carence en fer, fréquente chez les femmes réglées ;
- la TSH, pour repérer un trouble de la thyroïde ;
- la numération sanguine et la glycémie ;
- parfois la vitamine D, le zinc, ou des hormones en cas de signes d’hyperandrogénie chez la femme.
La biotine, très présente dans les compléments « cheveux », peut fausser certains dosages : il est utile de le signaler avant la prise de sang. Certains résultats pointent vers l’une des maladies qui font tomber les cheveux, ce qui change la prise en charge.
La biopsie du cuir chevelu : l’examen de dernier recours
Lorsqu’une alopécie cicatricielle est suspectée, ou que le tableau reste flou malgré les autres examens, le médecin peut prélever un fragment de cuir chevelu de quelques millimètres, sous anesthésie locale. L’analyse au microscope identifie la nature de l’inflammation et confirme la destruction des follicules. Cet examen est rare, mais décisif dans les formes qui détruisent le cheveu de façon définitive.
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Quel examen pour quelle situation ?
| Examen | Ce qu’il montre | Quand le demander | Inconfort |
|---|---|---|---|
| Dermoscopie | Calibre des cheveux, orifices folliculaires, état du cuir chevelu | Première consultation, suivi | Aucun |
| Trichogramme | Cycle des cheveux prélevés | Chute diffuse, doute diagnostique | Léger |
| Phototrichogramme | Densité et croissance mesurées | Évaluation chiffrée d’un traitement | Petite zone rasée |
| Bilan sanguin | Carences, thyroïde, hormones | Chute diffuse ou inexpliquée | Prise de sang |
| Biopsie | Nature de l’inflammation | Forme cicatricielle suspectée | Anesthésie locale |
Comment préparer sa consultation pour qu’elle serve
- Apporter des photos anciennes, de face, de profil et du dessus.
- Noter la date du début de la chute et les événements survenus dans les mois précédents.
- Lister les traitements, compléments et produits utilisés.
- Se renseigner sur l’âge d’apparition de la calvitie chez les hommes et femmes de la famille.
- Venir les cheveux propres, sans fibres ni gel.
Le diagnostic posé, les traitements contre la calvitie peuvent être choisis en connaissance de cause.
Questions fréquentes sur les examens de l’alopécie
La dermoscopie fait-elle mal ?
Non. L’appareil se pose sur le cuir chevelu, sans prélèvement, et l’examen dure quelques minutes.
Le trichogramme est-il remboursé ?
La consultation de dermatologie est remboursée selon les conditions habituelles. Le remboursement de l’examen complémentaire dépend de l’acte pratiqué et du praticien : une information claire doit être donnée avant l’examen.
Faut-il un dermatologue pour ces examens ?
Un dermatologue est le professionnel le plus formé à la dermoscopie du cuir chevelu. Un médecin généraliste peut prescrire le bilan sanguin et orienter vers lui.
Peut-on se passer d’examen si la calvitie est évidente ?
Une alopécie androgénétique typique est souvent reconnue à l’examen clinique. Un bilan reste utile pour écarter une cause associée, surtout chez la femme et chez le jeune adulte.
Un diagnostic précis, c’est un traitement qui vise juste
Au-delà de la cause, le diagnostic précise le stade, l’étendue et le rythme probable de la perte. Il ouvre sur d’autres questions : situer sa calvitie sur l’échelle de Norwood, mesurer le poids de la génétique familiale, comparer traitement de fond et solutions esthétiques. Toutes demandent un point de départ fiable.
Prenez rendez-vous avec un dermatologue avant d’acheter le moindre produit : un examen de dix minutes économise des mois d’essais.
Les informations de cette page sont données à titre informatif et ne remplacent pas l’avis d’un médecin.