Traitements : médicaments contre la calvitie

L’alopécie est une expression employée dans le domaine médical pour signifier la perte de cheveux sur le cuir chevelu, ou la perte de poil sur toute ou une partie du corps. Mais dans les faits, chaque jour qui passe, on perd des cheveux ou des poils chaque jour de manière naturelle. Ces cheveux, ces poils sont régulièrement remplacés.

On parle dans la pratique d’alopécie lorsque la perte de cheveu dépasse 100 cheveux par jours et sur une longue période. Une parenthèse mérite d’être faite sur la calvitie qui est souvent confondu à l’alopécie. En fait la calvitie est la forme la plus développée de l’alopécie. C’est l’état d’une personne chauve.

L’alopécie a plusieurs causes qui vont des causes exogènes ou externes à l’organisme, aux causes endogènes ou internes à l’organisme. Il y’a en effet plusieurs formes d’alopécie en fonction des causes. Les traitements diffèrent donc de la forme d’alopécie.

Alopécies acquises non cicatricielles diffuses

Les alopécies acquises non cicatricielles sont les plus fréquentes des alopécies. Elles sont caractérisées par leur caractère réversible du fait que le follicule pileux n’est pas détruit.

Alopécie androgénogénétique

Ici, les antécédents familiaux sont à 80% responsables. Quatre types de traitements sont régulièrement envisagés :

  • Minoxidil (Alostil) : Le traitement est topique, en application directe sur la surface concernée. L’effet ne dure que le temps de la prise du médicament. Il entraine dans certains cas des dermites de contact irritative ou allergique, un phénomène d’hypotension orthostatique.
  • Finastéride (Propécia) : Le traitement se fait par voie orale. Régulièrement déconseillé chez la femme. L’effet ne dure que le temps de la prise du médicament. Il entraine souvent des troubles de la libido.
  • Antiandrogènes : Le traitement se fait par voie orale. Régulièrement conseillé chez les femmes. Il entraine souvent l’atrophie de la muqueuse utérine qui se manifeste par la réduction de l’abondance des règles.
  • La greffe de cheveux : Le traitement consiste ici à l’implantation des greffes, l’utilisation des autogreffes, de lambeaux de transposition et à la réduction de tonsure.

Effluvium télogène

Ici, la chute de cheveux est diffuse, essentiellement causée par des infections qui atteignent de manière légère le follicule.

  • Colchicine : Le traitement se fait par voie orale, médicament extrêmement toxique, il doit être pris avec précaution. L’effet ne dure que le temps de la prise du médicament quoique dans certains cas il est pris de manière préventive. Il entraine souvent la diarrhée, la diminution considérable du sperme dans le liquide éjaculé pendant l’orgasme, la leuconeutropénie, urticaire, et des éruptions morbilliformes.
  • Rétinoïdes : Le traitement ici est un traitement de contact. Dû à l’application topique, ils peuvent causer des irritations de la peau, de la sècheresse et une desquamation de la couche cornée. Néanmoins ces effets sont souvent fréquents au début du traitement, mais ont tendance à disparaitre avec le temps.
  • Interférons : Naturellement les interférons sont produits par les globules blancs de l’organisme. Mais ici il s’agit des interférons synthétiques fabriqués en grande quantité. Ils se prennent par voies orales.
  • Métaux lourds (lithium, or …) : extrêmement toxiques pour l’organisme, les métaux lourds sont à prendre en quantité particulièrement contrôlée. À très faible quantité en effet, ils s’avèrent très efficace.
  • Anticoagulants : Ils se prennent par voie orale.
  • Anticonvulsivants : Ils se prennent par voie orale, le traitement ne dure que le temps de la prise de médicaments.
  • Antithyroïdiens de synthèse : Le traitement se fait par voie orale, ils exposent régulièrement à un risque de neutropénie sévère.
  • Inhibiteurs de protéases : le traitement se fait par voie orale.

Alopécie diffuse aiguë

Ici, l’alopécie est brutale, mais totalement réversible en 6 mois. Le traitement ici consiste à déterminer le facteur déclencheur de la chute de cheveux et de le traiter. Si le facteur est d’origine médicamenteux, il suffit d’arrêter la prise du médicament. Si le facteur est d’origine infectieux, il convient de traiter l’infection.

Alopécies acquises non cicatricielles localisées

  • Pelade – Alopécie qui concerne 1% de la population, elle se décline en plusieurs formes entre autres, la pelade en plaques, la pelade ophiasique, la pelade décalvante totale, la pelade universelle, la pelade diffuse, la pelade limitée à la barbe, aux cils, aux sourcils, aux ongles.
  • Dermocorricoïde, anthraline, minoxidil : Pour les formes limitées.
  • Immunothérapie locale ou allergénothérapie de contact, PUVA, bolus de corticoïde. (Propécia) : pour les formes graves (>50% du cuir chevelu, forme ophiasique, pelade décalvante, pelade universelle, pelade diffuse).
  • Trichotillomanie : Plus connue sous le nom de tic d’arrachage de cheveux. Répandue en majorité chez les enfants de 5 à 10 ans et chez les femmes. On le traite psychologiquement, en éliminant le tic.

Teigne dermatophyte

Il en existe deux types : la teigne microscopique et la teigne trichophytique. Le traitement se fait ici en recherchant la souche de la teigne, elle peut-être anthropophile dans ce cas on examine et on traite l’entourage, ou zoophile dans ce cas on recherche et on traite l’animal contaminant ensuite la teigne elle-même.

Alopécie de traction

Essentiellement causée par des habitudes de coiffures ou de traitement de cheveux ou du cuir chevelu, on la retrouve majoritairement chez les femmes.

Le traitement consiste en l’élimination ou la diminution des habitudes de coiffures responsables de l’alopécie. Il convient de préciser ici que l’alopécie de traction peut évoluer vers une alopécie cicatricielle si les habitudes de coiffures incriminées dans sa survenue ne sont ni supprimées, ni réduites considérablement.

Alopécies acquises cicatricielles localisées

Ce sont les alopécies les plus difficiles à traiter parce qu’elles sont pour la plupart définitives. En effet, dans ce cas les follicules pileux sont remplacés par de la fibrose collagène.

  • Alopécies cicatricielles inflammatoires : le traitement consiste généralement à utiliser des greffes ou à implanter des greffes.
  • Alopécies cicatricielles pustuleuses : le traitement consiste généralement à utiliser des greffes ou à implanter des greffes.

Alopécie : médicaments et traitement d’appoint

Dans les faits, sur le marché du médicament, il existe une large quantité de produits allant des crèmes anti chute de cheveux aux lotions d’appoint contre la calvitie. La réalité c’est qu’il n’y a que deux produits qui ont effectivement faits leur preuve scientifiquement.

Le minoxidil cité plus haut en lotion capillaire commercialisée sous plusieurs noms (alopexy, alostil, gerbiol, minoxidil, regaine …) et le FINASTERIDE (propécia) en comprimé. Pour la petite histoire, chacun de ces médicaments était connu pour traiter d’autres maladies, et ce n’est qu’avec le temps qu’on s’est rendu compte de leur efficacité dans le traitement de la chute de cheveux.

Le Minoxidil contre l’Alopécie

En effet, le Minoxidil était à la base utilisé dans le traitement de l’hypertension artérielle. Il permet notamment de mieux réguler la circulation sanguine et ses propriétés vasodilatatrices aident à maintenir une bonne tension artérielle. Mais avec le temps on s’est rendu compte avec beaucoup de patients, qu’il aide également à faire repousser les cheveux, ou tout au moins stoppe l’accélération de la chute de cheveux.

En lotion, et pour une concentration de 2 à 5 %, appliquée deux fois par jour, voire trois fois dans certains cas bien particuliers, il permet de voir des résultats visibles à partir du 3ème mois. Pour 70% des patients un arrêt de la chute de cheveux, et au 6ème mois une repousse visible chez environ 35% des patients. Le seul souci de cette lotion c’est qu’elle a un effet suspensif, c’est-à-dire que vous devez indéfiniment poursuivre le traitement. Puisque la chute de cheveux a tendance à reprendre immédiatement dès l’arrêt du traitement.

Le Finastéride en comprimé

C’est un médicament qui est venu changer, voire révolutionner le monde de la repousse des cheveux pour la simple raison qu’il se prend par voie orale. Contrairement à la très grande majorité de médicaments contre la chute de cheveux qui ont un traitement topique.

Initialement utilisé pour limiter les problèmes liés à la prostate, il est connu pour réduire le taux de DHT (dihydrotestostérone, une hormone sexuelle masculine), hormone responsable de la chute de cheveux ou de poils au niveau du follicule pileux. Son effet est un peu plus poussé car de façon visible au bout du 6ème mois il permet d’arrêter le phénomène de chute de cheveux pour 83% des cas.

Et après environ deux ans d’obtenir une repousse des cheveux dans 66% des cas. Plus le sujet est jeune et la chute de cheveux est à ses débuts, mieux sera l’effet du traitement à base de Finastéride. Il est donc important de commencer le traitement dès l’apparition des premiers signes d’alopécie pour une meilleure prise en charge. Bien plus, le médicament s’attaquant principalement à une hormone masculine, il est fortement déconseillé chez la femme et les enfants.

En outre, l’un de ses effets indésirables connus est le risque de pannes sexuelles. Risque qui s’estompe avec l’arrêt de la prise du médicament. Et tout comme le Minoxidil avec le traitement est suspensif, il est donc indispensable de continuer indéfiniment le traitement, puisque la chute de cheveux reprend dès l’arrêt du traitement. Ce traitement est non seulement le plus utilisé, mais reconnu le plus efficace contre le phénomène de perte de cheveux.

Le Dutastéride pour stopper la DHT

Le Dudastéride à la même fonction que le Finasteride. en effet, celui ci a pour but de limiter la création de DHT et donc d’éviter la chute des cheveux.

Ce médicament est également développé initialement pour soulager les problèmes de prostate.

Les effets secondaires sont les mêmes que le Finastéride qui altère l’érection et peuvent également nuire à la qualité des spermatozoides. Il est donc recommander de stopper la prise de ce médicament lorsque vous prévoyez d’avoir un enfant. 

Conclusion

Les traitements médicamenteux de la chute de cheveux sont donc divers et variés, avec une efficacité plus ou moins bonne selon les cas. Le traitement sera adapté, d’un au type de patients et à ses différents antécédents médicamenteux, de deux, au type d’alopécie auquel fait face le patient. L’un des aspects qui n’a pas été abordé ici est l’aspect psychologique. En effet, l’apparition des premiers signes de calvitie est souvent sources de stress psychologique chez la très grande majorité des patients.

Il est donc important en plus de rechercher la meilleure solution de traitement de l’alopécie en elle-même, de ne pas oublier que les pressions sociales, le phénomène de stéréotypes masculins idéalisés sont des facteurs de déchéances psychologique et doivent être traité par un spécialiste, notamment un psychologue.

Il convient donc de souligner que dans le cas d’une alopécie naturelle, notamment l’alopécie androgénétique, il existe une solution assez simple mais tout aussi efficace, et même très peu onéreuse. C’est simplement d’accepter le vieillissement naturel de l’organisme et de vivre avec sa calvitie en faisant fi de toutes les pressions sociales et en acceptant la transformation de son cuir chevelu.