Qu’est-ce que la follicule décalvante et comment la traiter ?

folliculite décalvante cheveux sur peigne

Attaquant toute zone où il y’a le cheveu, la folliculite décalvante est cette dermatose chronique qui s’en prend au cuir chevelu en faisant chuter définitivement les poils ou cheveux qui s’y trouvent. Bien que la cause exacte reste un mystère, les antibiotiques ou des traitements plus onéreux comme la chirurgie peuvent vous soulager de cette affliction

En tout temps, et dans toutes les civilisations, les cheveux ont toujours été considérés comme un attribut essentiel de beauté. Une sorte de révélation de l’appartenance sociale, culturelle, religieuse ou politique. C’est une question fondamentale de l’être face à son image. Chez la femme surtout, c’est un atout de séduction, et chez l’homme un signe de virilité.

Toutefois, il existe des maladies qui peuvent les toucher et causer leur chute : ce sont des alopécies. L’alopécie se définit comme une chute de cheveux au-delà du seuil psychologique de renouvellement. Parmi elles, on distingue les alopécies cicatricielles secondaires comme la folliculite décalvante.  

Toute perte de cheveux, qu’elle soit totale ou partielle peut être ressentie comme un véritable drame notamment chez la femme. C’est pourquoi nous vous avons concocté un bilan résumé des informations dont vous avez besoin. Restez jusqu’à la fin, vous découvrirez des éléments qui vont vous aider dès aujourd’hui.

Une folliculite est une inflammation d’un ou de plusieurs follicules pileux formant une papulo-pustule. Elle peut donc survenir à tous les endroits pourvus de poils : visage, tronc, cuisses, cuir chevelu ou autres. Son origine peut être bactérienne, mycosique, virale ou non-infectieuse. Les folliculites peuvent être superficielles (ostio-folliculite) ou profondes (furoncle, anthrax, anthrax staphylococcique), etc. Décalvante renvoie à ce qui rend chauve.

La folliculite décalvante est donc une maladie inflammatoire causant des pustules et des croûtes sur le cuir chevelu. Encore appelée folliculite de Quinquaud ou folliculitis decalvans, c’est une maladie chronique rare qui entraine la destruction des folliculites pileux et la perte définitive des cheveux au niveau des zones atteintes.

Elle se caractérise par la présence massive de neutrophiles (type particulier de cellules inflammatoires) dans le derme du patient.

La folliculite décalvante représente à elle seule environ 11% des alopécies cicatricielles. Elle survient régulièrement chez les jeunes et les adultes d’âge moyen avec une prédominance masculine. Elle touche en majorité les personnes d’origine africaine.

Du fait de quelques similitudes, la folliculite décalvante peut être confondue avec d’autres maladies du cuir chevelu. On peut citer, lorsque la maladie est encore au stade inflammatoire :

L’acné chéloïdienne : elle survient chez les hommes jeunes et se présente comme des boutons rouges sur la nuque et la région occipitale. Elle peut coexister avec d’autres formes d’alopécies cicatricielles.

La pustulose érosive du scalp : qui survient chez le sujet âgé suite à un traumatisme déclenchant. Elle se présente par des pustules, érosions et croûtes sur le cuir chevelu, évoluant vers une alopécie cicatricielle.

La cellulite disséquante du scalp : qui est caractérisée par la formation de nodules profonds, fluctuants et confluents du cuir chevelu. Elle est prédominante chez les personnes de peau noire.

Le kérion : qui est une infection fongique (causée par un champignon) très inflammatoire du cuir chevelu causant un écoulement purulent et la chute des cheveux.

Au cours de l’évolution de la folliculite décalvante, une infection par un champignon peut survenir. Elle doit être suspectée en cas d’installation brutale d’un prurit et l’épaississement des squames et croûtes. Dans ces cas, un prélèvement mycologique est indiqué pour identifier le germe causal et traiter la surinfection.

La folliculite en touffes (en anglais « tufted folliculitis ») : c’est une alopécie cicatricielle ayant comme caractéristique majeure et prédominante la présence de touffes de cheveux (une dizaine) émergeant d’un même orifice. Les touffes ressemblent aux implants de cheveux synthétiques. Ces touffes se trouvent à la bordure de plaques alopéciques (zones du cuir chevelu ayant perdu les cheveux) qui sont de petite taille en général.

Cependant, dans la folliculite en touffes, les pustules et croûte sont rares, la surface des zones atteintes est petite, la présence de « touffes de cheveux » est prédominante et le pronostic meilleur. Pour ces raisons, il est important de distinguer les deux entités cliniques.

Il est également important de mentionner qu’on peut retrouver des « follicules en touffes », non seulement dans la folliculite décalvante, mais également aux stades tardifs de la plupart des alopécies cicatricielles primaires ou secondaires.

Et lorsqu’on atteint le stade tardif d’alopécie cicatricielle, la folliculite décalvante peut être confondue avec d’autres causes d’alopécies cicatricielles comme le lichen plan pilaire.

Comment se manifeste la maladie ?

Cette maladie a pour principaux signes des douleurs, des démangeaisons et une sensation de brûlure dans les zones atteintes.

En effet, la folliculite décalvante s’attaque préférentiellement au vertex (le haut du cuir chevelu) et le dessus de la nuque. Au début, l’atteinte est une rougeur autour du follicule pileux qui évolue en pustule (lésion qui contient du pus). Cette pustule se rompt par la suite en formant une croute centrée par le cheveu, laquelle croute se détachera entrainant avec elle ce cheveu.

Le patient ressent donc des douleurs et des démangeaisons du cuir chevelu, les croûtes causent également une gêne sérieuse et laissent parfois des tâches sur les oreillers.

La maladie évolue de façon chronique avec des pustules récidivantes qui détruisent le follicule pileux et causent une inflammation de la zone atteinte, une chute des cheveux « en plaques » localisée dans les zones atteintes. Avec la progression, les zones atteintes peuvent se concentrer et affecter de larges parties du scalp, surtout sur le vertex et la région occipitale (dessus de la nuque).

À l’examen, les plaques alopéciques sont arrondies ou ovalaires de couleur ivoire ou rose luisantes au centre, dépourvues d’orifices folliculaires. Leur bordure est inflammatoire avec des pustules folliculaires, des croûtes parfois hémorragiques, de la rougeur et des érosions.

Concernant l’évolution de la folliculite décalvante, on note qu’elle progresse par poussées pustuleuses inflammatoires qui font varier la gravité de l’atteinte. La récidive des poussées inflammatoires détruit donc le follicule pileux pour mener vers une alopécie cicatricielle définitive.

C’est une maladie qui peut avoir un impact important sur la qualité de vie des patients. Le soutien psychologique s’avère donc très important.Quelles sont les

Quelles sont les causes de la folliculite décalvante ?

Notons de prime abord que la folliculite décalvante n’a pas à l’heure actuelle de cause connue. Il existe des arguments en faveur d’une cause infectieuse et d’autres en faveur d’une cause immunologique.

Le Staphylocoque doré (bactérie pouvant causer des infections cutanées et dont le nom scientifique est Staphylococcus aureus) est identifié dans les prélèvements bactériologiques des lésions chez la majorité des personnes atteintes.

D’autres bactéries peuvent également être identifiées dans la folliculite décalvante. Ces bactéries (notamment le Staphylocoque doré) sont incriminées jouant un rôle dans la maladie. Ainsi certains spécialistes considèrent la folliculite décalvante comme une réaction aberrante dirigée contre un organisme bactérien.

Pour cette raison, on suppose que le follicule pileux des personnes touchées possède une ouverture différente. Cette modification de la taille du trou des racines des cheveux facilite l’installation des bactéries.

Néanmoins, les personnes atteintes de folliculite décalvante ne présentent pas d’infections cutanées à Staphylocoque doré, en dehors du cuir chevelu, et n’ont pas de déficience de leur système immunitaire.

En outre, la folliculite décalvante n’est pas une maladie héréditaire. Bien qu’il existe certains cas familiaux rares évoquant une prédisposition génétique à la base de la maladie.

Comment diagnostiquer la folliculite décalvante ?

Lorsque l’examen clinique et les symptômes orientent vers une alopécie cicatricielle, des examens approfondis sont effectués.

D’abord, des prélèvements bactériologiques et fongiques seront effectués et envoyés en culture dans un laboratoire de microbiologie.

Ensuite, une biopsie cutanée d’une zone inflammatoire est effectuée. C’est un prélèvement millimétrique d’un fragment de peau atteinte, fait au bistouri après anesthésie locale.

folliculite décalvante prescription biopsie

L’examen histologique de la biopsie montrera la présence d’un grand nombre de cellules inflammatoires spécialisées appelées polynucléaires neutrophiles autour des follicules pileux et dans le derme. Les signes histologiques caractéristiques associés aux signes cliniques et symptômes évocateurs permettront de poser le diagnostic de folliculite décalvante.

À un stade évolué, on observe des follicules pileux détruits et une fibrose dans le derme, signant le stade tardif d’alopécie cicatricielle. Un diagnostic approfondi est donc indispensable pour appliquer le traitement approprié.

Comment traite-t-on la folliculite décalvante ?

Le traitement de la folliculite consiste à empêcher la survenue de nouvelles lésions inflammatoires pustuleuses et de freiner la progression vers une alopécie cicatricielle définitive. Aucun traitement ne permet donc de guérir de cette maladie. Les solutions consistent en plusieurs thérapies.

Traitement médical :

Il est basé sur l’administration des antibiotiques par voie orale :

C’est le traitement de première intention dans la folliculite décalvante, il est dirigé contre le Staphylocoque doré. Les antibiotiques anti-staphylococciques qui peuvent être utilisés sont les cyclines, comme la doxycycline, pendant une durée prolongée de 6 mois en moyenne pour prévenir les récidives.

En cas d’échec ou de récidives, les prélèvements bactériens doivent être répétés pour étudier la sensibilité du Staphylocoque aux antibiotiques. Selon les spécialistes, d’autres antibiotiques anti-staphylococciques peuvent être utilisés comme la pristinamycine, l’association clindamycine (600 mg/j)- rifampicine (600 mg/j) pendant 10 semaines, et l’acide fucidique.

L’utilisation de ces antibiotiques pendant une longue durée doit être faite avec précaution à cause des effets secondaires qui peuvent survenir.

Le principal effet secondaire de la clindamycine est le risque de survenue de colite pseudomembraneuse (inflammation intestinale). Les principaux effets secondaires observés avec la rifampicine sont la toxicité hépatique, la coloration rouge des urines et des larmes, et les réactions d’hypersensibilité (intolérance).

Un traitement antibiotique local peut être associé au traitement oral : mupirocine (Mupiderm), clindamycine (Dalacine T), acide fucidique (Fucidine crème), ou érythromycine (Eryfluid).

Certains spécialistes préfèrent éviter les antibiotiques locaux par crainte d’émergence de bactéries résistantes. En cas de récidives fréquentes, le traitement des niches du Staphylocoque doré peut être utile. Cela est fait par l’application d’un antibiotique topique dans les orifices nasaux.

D’autres médicaments peuvent être prescrits aux patients

L’isotrétinoïne : c’est un traitement efficace dans la folliculite décalvante. La dose initiale de 0,5 mg/kg/j est progressivement augmentée en fonction de la réponse au traitement et de la tolérance du médicament.

Le médecin prescrira un traitement de 6 mois en général pour éviter les récidives. Pendant le premier mois, un antibiotique anti-staphylococcique est associé afin d’éviter une aggravation des pustules existantes. Il est important de signaler qu’il est contre-indiqué d’associer les cyclines à l’isotrétinoïne à cause du risque de survenue d’hypertension intracrânienne.

L’isotrétinoïne doit être utilisée avec précaution : elle est contre-indiquée chez la femme enceinte et doit être prescrite avec une contraception ; un contrôle des enzymes hépatiques, des lipides et de la β-hCG devrait être effectuée avant et au cours du traitement.

Le zinc : il a des propriétés anti-inflammatoires et est utile pour prévenir les récidives. Le zinc est utilisé par voie orale à base de gluconate de zinc (Rubozinc) 2 gélules par jour pendant une durée de 6 mois. Il est associé au début au traitement antibiotique pour contrôler l’inflammation initiale.

La dapsone : elle est efficace contre les inflammations dues à des polynucléaires neutrophiles. Elle peut être utilisée dans la folliculite décalvante à la dose initiale de 75-100 mg/j pendant 2 mois et une dose d’entretien de 25 mg/j pendant 6 mois à 1 an pour prévenir les récidives. Elle doit être utilisée avec précaution à cause de ses effets secondaires notamment l’anémie hémolytique, la méthémoglobinémie et l’agranulocytose.

Ainsi, des bilans hématologiques réguliers sont nécessaires pour vérifier le taux d’hémoglobine, le compte des globules blancs et les enzymes hépatiques.

Le tacrolimus topique : sous forme de Protopic, à raison de deux applications par jour, ce médicament a été utilisé avec succès dans un petit nombre de cas de folliculite décalvante. Son utilisation peut être envisagée en cas de résistance aux traitements classiques.

Au-delà de ces traitements médicamenteux, la photothérapie dynamique (PTD) et le laser dépilatoire peuvent être envisagés en cas de non-efficacité ou de récidives fréquentes suite aux traitements médicamenteux conventionnels.

Traitement chirurgical :

Comme dans toutes les alopécies cicatricielles, une chirurgie réparatrice ou correctrice n’est envisageable qu’après un long recul d’au moins un an sans aucune poussée pustuleuse. La maladie est alors considérée comme « inactive ».

Des implants capillaires (par la méthode FUE) ou une excision des zones d’alopécie peuvent être réalisés lorsque la surface atteinte est petite.

En cas de larges plaques alopéciques, une prothèse capillaire ou toute autre technique de camouflage peut être utilisée.

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Conclusion

On retient que la folliculite décalvante est cette maladie inflammatoire causant des pustules et des croûtes sur le cuir chevelu. Elle attrape beaucoup plus les hommes que les femmes et elle infecte beaucoup plus les personnes de race noire (d’origine africaine). Elle n’est pas une maladie héréditaire et très rarement on rencontre des cas familiaux évoquant une prédisposition génétique à la base de la maladie. Pour faire face à cette maladie, il existe plusieurs sortes de traitement et pour éviter de subir des effets secondaires du traitement, il vaut mieux se référer à un médecin.