La Trichotillomanie ou s’arracher les cheveux

La trichotillomanie, n’est pas aussi rigolo qu’il en a l’air. En effet, si, à première vue, le mot semble compliquer à prononcer et amusant. Cependant, il s’agit bien d’une maladie réelle et grave qu’il faut apprendre à connaître afin de s’en libérer ou de libérer des proches de son emprise.

Qu’est-ce que la trichotillomanie ?

La trichotillomanie, également écourtée trichomanie est un trouble du comportement compulsif répertorié dans le Manuel de diagnostic des troubles mentaux (MDM).

Ce trouble est qualifié d’autograssif. Elle se caractérise par l’habitude, pour une personne de s’arracher les cheveux ou les poils de son corps de manière impulsive comme les cils, les sourcils ou les poils de barbe.

Il s’agit donc d’un vrai problème psychiatrique dont le nom a été évoqué pour la première fois en 1889 dans une étude portant sur l’alopécie provoquée par l’arrachement compulsif des cheveux, réalisé par François HALLOPEAU, un dermatologue français.

Quels sont les types de trichotillomanie ?

Le trouble s’exprime différemment chez l’enfant et chez l’adulte.

En effet, l’enfant atteint de cette maladie est plutôt lié à un événement causé un stress intense. Il s’agit donc de symptômes temporaires apparaissant lorsque l’enfant est en détresse. On retrouve ce trouble majoritairement chez les garçons.

Chez les adultes, il devient plus complexe d’identifier ce trouble. Il existe deux sous-genres liés à cette maladie. La première est celle liée au geste, c’est-à-dire que la personne est pleinement consciente de son arrachage de cheveux et éprouve de la sérénité à la faire.

La seconde forme est cette fois-ci appelé « automatique » et on se retrouve dans la situation dans laquelle le sujet s’arrache les cheveux de manière inconsciente et ne ressent pas forcément de sérénité à le faire.
Statistiquement, les hommes ont une probabilité plus grande que les femmes à être atteint de trichomanie.

Quels sont les symptômes caractéristiques de ce trouble ?

Le signe le plus évidemment est, bien sûr, le fait d’arracher compulsivement ses cheveux, mais d’autres signes peuvent vous alerter.

Une tension grandissante avant d’arracher ses cheveux. Cette tension s’intensifie et le besoin d’arracher ses poils, devenant obsessionnel si l’on ne peut pas le faire.

Le second signe est la sensation de bien-être, de calme et d’apaisement après avoir tiré quelques cheveux et la disparition totale de la tension et de l’anxiété suite à ça. Les deux derniers signes sont, quant à eux, sociales.

Si vous remarquez que vous n’avez aucun problème dermatologique ni d’autres troubles mentaux et que ce comportement vous atteint dans votre vie privée ou professionnelle par des remarques, des moqueries ou simplement des interdictions de le faire.

Très souvent, lorsque la trichomanie apparaît suite à une période de stress intense, on peut remarquer d’autres signes distinctifs comme le fait de se ronger les ongles, de bouger ses mains, etc.
Si vous vous reconnaissez dans ces différents signes, c’est que vous êtes probablement atteint de ce trouble.

Comment être certain d’être atteint de cette maladie ?

Outre les signes qui peuvent vous alerter énoncés plus haut, un psychiatre ou un psychanalyste pourra certifier votre maladie.

Pour cela, il suffit de prendre rendez-vous avec un de ces spécialistes. Le diagnostic s’établira après une étude minutieuse de votre comportement, des signes pathologiques que vous aurez (en se référant à la liste plus haut) et sur les dires de vos proches.

Comment ce trouble de trichomanie est-il causé ?

Nous l’avons déjà évoqué, chez l’enfant, ce trouble apparaît de manière épisodique lors de période de stress intense comme un examen scolaire ou médicale, un événement familial difficile comme la séparation des parents, un décès, etc.

Chez la femme, le cycle menstruel peut être incriminé. En effet, lors des études menées, il est avéré qu’il existe une corrélation entre l’apparition de la trichomanie et le cycle menstruel chez les femmes.

Enfin, le dernier facteur est biologique. En effet, les troubles du comportement peuvent être héréditaires. Ainsi, si vous connaissez des proches parents souffrant de ce trouble ou d’un trouble voisin, vous tenez peut-être l’origine du votre ou de votre enfant. Les maladies, comme tous les autres facteurs génétiques peuvent sauter des générations donc si vous trouvez qu’un cousin germain ou votre arrière-arrière-grand-père était atteint de ce trouble, n’écartez pas cette piste sous prétexte du temps ancien.

En biologie, la notion de temporalité est à relativiser. En effet, des milliers d’années ne sont rien par rapport à l’échelle évolutive de l’être humain.

Existe-t-il un traitement efficace ?

Pour cela, il faudra évaluer la sévérité de votre trouble. Pour les cas les plus extrêmes, seule une psychothérapie du comportement, scientifiquement appelée Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pourra vous reprogrammer au niveau du comportement.

Vous aurez peut-être un traitement médical sous forme d’antidépresseurs, mais l’effet de ces derniers n’est pas encore totalement avéré donc la prise de médicament sera le plus souvent éviter, sauf si vous présentez d’autres troubles qui nécessite ce type de traitement.

Le Minoxidil peut-il m’aider ?

Le Minoxidil est un produit que l’on trouve dans le commerce sans ordonnance et qui aide à lutter contre l’alopécie, c’est-à-dire contre la chute des cheveux entrainant une calvitie.

Ce produit est à appliquer sur le cuir chevelu en moyenne deux fois par jour à raison de 1 mL par prise.

Ce traitement pourra effectivement vous aider à retrouver des cheveux, mais il ne pourra en aucun cas guérir votre trouble et miser sur un produit favorisant la repousse ne fera qu’aggraver votre comportement compulsif, car le corps se dira qu’il peut, sans crainte, s’arracher tous les cheveux. Vous allez donc vous enfermer dans un cercle vicieux et cela nécessitera plus d’effort de votre part pour lutter contre votre instinct.

 L’hypnose est-elle une solution ?

L’hypnose a de nombreux bénéfices. Cependant, ce n’est pas une technique reconnue médicalement et les résultats ne sont pas garantis à 100 %.

Dans certains cas, l’hypnose peut aider une personne à vaincre ses peurs et dominer ces comportements impulsifs, mais consulter un professionnel de santé en parallèle est plus que recommander.
Pour terminer cet article, la trichomanie est un trouble sévère qu’il ne faut absolument pas négliger. Il faut prendre conscience des symptômes liés à ce trouble pour nous alerter ou alerter un de nos proches sur son comportement. Il n’existe pas de solution miracle pour vaincre ce trouble, mais, heureusement, il peut n’être que passager.

Si vous avez ou reconnaissez les signes de cette maladie, il faut consulter un spécialiste, médecin, psychiatre, psychanalyste afin d’établir un diagnostic et une prise en charge adaptée. Enfin, le stress est très souvent la cause principale donc éliminer le stress de votre vie et votre maladie s’évaporera du jour au lendemain.

Conclusion

Nous pouvons dire que la trichotillomanie est une maladie très souvent passagère mais présentant de graves dangers pour la personne atteinte. Il faut donc savoir repérer les signes distinctifs et comprendre pourquoi cette maladie apparait pour pouvoir la soigner au plus vite.